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la Pensée Libre - الفكر الحر -

l'islam et l'Afrique

5 Avril 2014 Publié dans #articles divers

l'islam et l'Afrique

L’islam et l’Afrique

Par Ali Youssouf Changam

L’Islam et l’Afrique sont liés de façon inextricable : c’est ce continent qui servit de refuge à la première génération de musulmans qui fuyaient les persécutions des arabes Qoraychites par ordre du Prophète Mouhamad (plf) dès les premières années de la révélation ; cela ne fut guère un hasard mais bien au contraire un programme divin parce que l’Afrique avait son rôle à jouer pour le maintient et la propagation de la nouvelle religion. Et aura toujours un grand rôle pour la diffusion de l’islam.

C'est une immense gloire pour le peuple africain d'être le porte-étendard de l'appel prophétique lors des premières heures avant plusieurs peuples du globe et sur toutes les scènes de l'existence et également une responsabilité lourde pour nous les africains. Aujourd’hui, l’Islam est une religion traditionnelle à part entière en Afrique Noire puisqu’elle est présente dans tous les pays d’Afrique et est la première religion du continent soit près de 70% de la population du continent et 40% de la population globale des musulmans dans le monde.

Les africains ont beaucoup été présent dans l’histoire des premiers temps de l’islam notamment Bilal et plusieurs compagnons du prophète, des imams infaillibles et même les mamans de certains de ces imams sont originaires d’Afrique.

L’entrée de l’islam en Afrique :

L’islam entre en Afrique pour la première fois par les premiers émigrants musulmans sur la conduite de Ja’afar ibn Abi Talib en Ethiopie. Mais à connu une faible progression parce que d’après l’histoire Ja’afar serais revenu à Médine lors de la bataille de Kaybar avec ces premiers musulmans qui ont même participé à cette bataille. Mais après l’instauration solide du premier état islamique à Médine, l’islam entra dans sa phase de propagation et s’étendit très rapidement vers l’est, le nord et l’ouest. Il avait atteint l’est de l’Afrique du Nord durant la deuxième moitié du 7ème siècle (en 670) et atteignit la savane africaine dès le 8ème siècle. Ce biome tropical forme une ceinture allant de l’Océan Atlantique à la Mer Rouge. Tout naturellement, les échanges commerciaux s’établirent entre le sud de l’Afrique du Nord et les pays voisins.
Les premiers Noirs à embrasser l’Islam furent la dynastie des Dya’ogo, peuple situé le long de la vallée de l’actuel Sénégal vers 850 ap.J.-C. Les historiens arabo-musulmans se réfèrent souvent à cette région appelée « bilâd at-takroûr » qu’ils considèrent être le pays des premiers musulmans noirs. De nombreux historiens arabo-musulmans ont commencé à écrire sur l’Afrique noire notamment l’Afrique de l’ouest au début du 8ème siècle, comme Ibnou Mounabbih, suivi par Al-Mas’oûdî au 10ème siècle.

À l’époque médiévale émergèrent des empires africains très célèbres encore aujourd’hui : les empires du Ghana, du Mali, de Songhay etc. D’éminents historiens ont décrit la gloire de ces terres des siècles avant les Européens, notamment Al-Bakrî, Al-Mas’oûdî, Ibnou Battoûta et Ibnou Khaldoûn. D’autres historiographes locaux tels As-Sa‘dî dans Târîkh As-Soûdân ou encore Mahmoûd Ka’t le Tombouctien dans Tarîkh Al-Fattâch fî akhbâri-l-bouldân wa-l-jouyoûch wa akhbâri-n-nâss enrichirent la documentation concernant ces grands empires.

L’Islam dans l’ancien Empire du Ghana (Wagadu)

Les limites de ce vaste empire allaient de l’Océan Atlantique à l’ouest jusqu’au Lac Tchad à l’est, et du Sahara au nord jusqu’aux sources des fleuves Sénégal et Niger au sud. Cette région doit son nom à l’appellation donnée par les Arabes : « ghana » était le titre attribué au souverain de cette contrée ; ce mot signifie « chef de guerre ». Le monarque du Wagadu fit bon accueil aux commerçants musulmans arrivés dès le 9ème siècle. Ces derniers s’installèrent juste à côté de la capitale, Koumbi Saleh, et marchandaient leurs produits contre de l’or. Ce fut la première puissance du Sahara et même du sud du Sahara à embrasser l’Islam. Le roi avait employé des interprètes musulmans et la plupart de ses ministres et trésoriers étaient également musulmans. Les représentants musulmans étaient assez lettrés pour consigner les événements en langue arabe et, au nom du roi, correspondaient avec d’autres dirigeants. En tant que musulmans, ils faisaient également partie de la sphère politique du monde islamique, ce qui facilitait les relations internationales.
La capitale Koumbi Saleh (ou Ghana) peuplée de 20 000 habitants à cette époque se composait de deux villes établies sur une plaine ; l’une d’elles, habitée par des musulmans, comptait douze mosquées : tous les fidèles de la ville se rassemblaient dans l’une d’entre elles pour assister à l’office du vendredi. À chaque mosquée étaient assignés un imâm, un muezzin et des récitateurs du Coran rémunérés. Un grand nombre de jurisconsultes et d’érudits vivaient également dans cette grande ville.

Au début du 11ème siècle un des leaders de cet empire Yahyâ Ibnou Ibrâhîm, qui accomplit son pèlerinage, ramena avec lui un grand prédicateur du nom de ‘Abdoullâh Ibnou Yâssîn qui prêcha auprès des populations situées sur les rives du Sénégal. Même si beaucoup de ces peuples, profondément attachés à leurs croyances païennes, ont d’emblée refusé de se convertir à l’Islam, ils finirent par l’accepter après la conversion de leurs dirigeants. En effet, le message de Mouhammad(plf) attira en premier lieu certaines familles royales du Pays noir, notamment les princes et les notables, avant de se généraliser à la population. À la fin du 11ème siècle, moins de cinquante ans après les premières prédications de ‘Abdoullâh Ibnou Yâssîn, l’Islam avait atteint des endroits situés à moins de 400 kilomètres des côtes du Golfe de Guinée.

L’Islam dans l’Empire du Mali


Le Royaume du Mali naquit des ruines de l’Empire du Ghana. La période aride avait poussé les populations à émigrer dans des régions plus humides du sud comme celle du Mandé. Ces zones fonctionnaient comme de véritables royaumes miniatures, dirigées par des chefs de guerre qui se donnaient le titre de « Mansa ». Aux alentours de 1050, après des années de sécheresse, le leader mandingue (du Mandé) du nom de Baramendena fit la connaissance d’un marchand musulman auquel il demanda de prier pour demander la pluie. Ce dernier accepta à condition que son hôte royal embrassât l’Islam et priât avec lui. Le souverain se convertit et ils prièrent toute la nuit durant : le précieux liquide se mit à tomber du ciel au lever du jour. Constatant ce fait miraculeux, le roi fit détruire toutes les idoles et chassa tous les sorciers de son pays. Alors que ses descendants et les notables du royaume acceptèrent sincèrement l’Islam, la population resta foncièrement polythéiste.

Barmendena effectua son pèlerinage à la Mecque. Il commença alors à établir des liens avec les pays voisins, hautement bénéfiques à l’extension de son pouvoir et à la croissance de son royaume. Barmendena fit construire des mosquées et des écoles islamiques dans tout le pays si bien qu’en 1200, le royaume comptait près de 42 000 érudits répartis dans les grandes villes d’apprentissage.

Un des souverains de cet empire, Mansa Moûssâ a aussi participé activement à l’expansion de l’Islam et à son apprentissage. Durant ses premières années de règne, il envoya des étudiants s’instruire dans les universités marocaines, si bien que peu avant sa mort, ces érudits établissaient leurs propres centres d’apprentissage à Tombouctou. C’est après avoir visité les villes saintes de l’Islam que Moûssâ décida de faire construire de grandes mosquées, de vastes bibliothèques et des écoles islamiques. De nombreux savants religieux et autres hommes de lettres, parmi lesquels le poète et architecte cordouan Aboû Ishâq Ibrâhîm As-Sâhilî, accompagnèrent mansa Moûssâ lors de son retour pour s’installer dans l’empire malien. As- Sâhilî fut l’illustre ingénieur de la grande mosquée Djingareyber de Tombouctou, édifice classé aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco.

Cette mosquée, à l’instar de tous les édifices religieux construits par mansa Moûssâ, joua un grand rôle dans la diffusion et le renforcement de l’Islam.

L’islam au Cameroun

Contrairement aux empires de l’Afrique de l’ouest(le Cameroun n’a jamais été un empire), L’Islam a été introduit au Cameroun au 18e siècle par les Pasteurs Foulbé qui se sont installés dans le royaume du Mandara et en 1715, ont converti le roi Boukar et sa population. Leurs chefs prennent pour épouses les filles des chefs locaux. En 1806, un chef Peul nommé OSMAN DAN FODIO, fervent musulman, règne sur un grand empire au Nigeria voisin. Il décide de lancer la guerre sainte et remet à un certain ADAMA l’étendard. Ce dernier conquiert tout le nord du pays jusqu’à la région qu’on appelle aujourd’hui Adamaoua (pays d’Adama).

Toutes les populations de cette zone (sauf celles des monts mandara), se soumettent à l’islam et fusionnent avec les Foulbé. Mais n’a pas pu pénétrer la forêt dense du pays qui était habité par une grande partie de la population camerounaise qui rappelons le était des animistes mais qui croyaient en un dieu suprême.

Mais des migrations des commerçants Haoussa entre le nord et le sud ont permis à l’islam de s’implanter et de se développer aussi au sud.

Dans les années 1900 un roi Bamoun, Njoya voulant agrandir son royaume et vaincre le peuple bamiléké voisin, consulta le roi de Mbanyo musulman pour qu’il puisse lui donner dit-on la potion magique pouvant le rendre invincible face à ses ennemis. Le roi décida de lui donner sous condition qu’il embrasse l’islam. Ce qui fut et il vaincra ses ennemis et agrandissait son royaume comme voulu et décida également de soumettre son peuple à la nouvelle religion (islam). Il construisit la grande mosquée de Foumban et son palais qui est aujourd’hui patrimoine de l’UNESCO

Aujourd’hui l’islam est devenu une religion officielle au Cameroun et compte plus de 20 % de la population.

Le taux de croissance des musulmans au Cameroun est le plus élevé en Afrique centrale. Plusieurs associations des anciens chrétiens convertis à l’islam fonctionnent et facilitent la transmission du message Muhammadite dans les zones à forte culture non islamique dans le dialogue et la paix.

Le Cameroun compterait plus de 1700 mosquées, 314 écoles primaires officielles islamiques, 29 collèges islamiques officiels et pas d’écoles supérieures islamiques, mais une école supérieure islamique d’obédience chiite est en cours de construction par une ONG iranienne.

À l’heure où l’Europe moyenâgeuse vivait dans l’obscurantisme le plus total, l’Afrique Noire sub-saharienne traversa son époque la plus glorieuse. Caractérisée par la présence de richesses abondantes, cet âge d’or conféra à cette partie du monde une postérité chère aux Africains d’aujourd’hui mais attira également la convoitise des empires européens. La présence de ces derniers sur tout le continent marqua à jamais les esprits en laissant derrière elle le goût amer d’une rupture irréversible dans l’histoire de l’Afrique

L’islam aujourd’hui en Afrique

Durant des décennies précédant, les africains étaient tous de rite Malikite jusqu’à l’arrivée de l’école Chafiite dans les années 70.

Mais la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeiny a beaucoup influencé l’islam en Afrique et à donné un autre aspect à l’islam : la confrontation des opinions dans le dialogue intellectuelle. Ainsi l’école jaafarite a vu le jour de façon officielle sur le continent. Selon les témoignages des anciens et les écrits anciens, l’école des ahl-ul-bayt seraient la première école juridique de l’Afrique.

La présence des communautés étrangères notamment : iranienne, libanaise et pakistanaise a joué un grand rôle pour la promotion de l’école ja’afarite en Afrique.

Si on n’exagère pas, on pourrait dire que l’Afrique est le continent après l’Europe où les gens de religions diverse vivent ensemble dans la sérénité et le respect de l’autre.

Je crois à une seule chose que si l’Afrique est d’avantage soutenu intellectuellement et socialement par des nations islamiques responsables, elle pourra dans 50 ans devenir le coin au monde où on trouve le plus de musulmans dans le monde vu sa croissance démographique.

Aujourd’hui combien de mosquées, de bibliothèques, d’écoles primaires, secondaires, universitaires islamiques ; de savants, intellectuels, penseurs, écrivains musulmans africains ont vu le jour.

Aujourd’hui en Afrique, même dans les pays à forte croissance chrétienne, les musulmans ont la liberté de culte et occupent des hautes fonctions dans le gouvernement de leurs pays ; peut être des atouts ?

L’appel de Bilal l’africain, muezzin du Prophète à tel traversé les frontières arabes ?

Oui certainement l’appel de Bilal, il y a 14 siècles a retenti jusqu’en Afrique et nous les africains nous avons répondu à cet appel.

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